Faire manger son enfant

Lorsqu’ils sont petits, difficile de leur faire boire le biberon. Un peu plus âgés, ils voudraient manger comme des grands sans pour autant y arriver, et refusent vos cuillères ! Les années passent et c’est maintenant pour les légumes et les « c’est mauvais j’en veux pas beurk » qu’il faut se battre… Nourrir ses enfants peut parfois virer au calvaire, c’est pourquoi quelques trucs et astuces ne sont jamais de trop !


Faire manger votre bébé…

A noter en premier lieu, l’ambiance au sein de la famille est primordiale pour que le repas se passe bien. Evitez les disputes devant votre enfant, soyez souriants, montrez lui que le repas est un des bons moments de la journée, afin qu’il ait envie de le partager avec vous. Si vous êtes énervés, stressés, le petit le ressentira, et s’énervera lui aussi, ce qui ne fera qu’empirer les choses.

Ne menacez pas votre enfant, ne commencez pas dès qu’il dit non à lui énumérer les punitions à venir. Ne promettez pas non plus de récompense ! Manger est quelque chose de normal, il n’a pas à être récompensé de se nourrir, sinon les repas se transformeront vite en vrai marchandage, et votre enfant n’hésitera pas à être capricieux…

Ne prolongez pas trop les repas : plus d’une demi heure, c’est déjà trop, on arrête, et tant pis s’il n’a pas tout mangé. Ne les fractionnez pas non plus trop, en donnant à votre enfant à manger une demi-heure après ; espacez au maximum les repas afin que votre bébé ait faim. Si vous vous apercevez qu’il mange beaucoup au gouter et plus rien au diner, vous avez aussi la possibilité d’inverser : donnez lui un vrai repas complet à quatre heures, et une collation le soir.

Si votre enfant refuse de manger le matin, donnez-lui de l’eau sucrée : un verre réveillera sa faim, et un quart d’heure plus tard, il viendra réclamer !

Lorsque bébé commence à manger tout seul…

Les premiers repas autonomes sont délicats : bébé voudrait manger tout seul tout de suite, mais ça signifie en mettre partout et rester une heure à table. La solution ? Doublez les cuillères : une pour lui, une pour vous. Tout content, votre enfant pourra manger quelques bouchées par lui-même, tandis que vous lui en présenterez d’autres. Captivé par sa cuiller, il ouvrira la bouche sans même s’en rendre compte, que la bouchée vienne de lui, ou  bien de vous !

Si malgré tout votre enfant continue à s’agiter, vous pouvez le distraire au cours des repas, en instaurant un rituel du repas : mettez une musique d’ambiance, chantez des musiques infantiles en lui donnant à manger, trouvez des assiettes rigolotes avec des animaux dont il apprend petit à petit le nom, etc. Attention tout de même à ne pas en faire trop ! Un brin de rigueur et de sévérité est primordial, surtout pour les premiers repas à la cuillère. Ne laissez pas de jouer à votre enfant (qu’il s’amuserait bien vite à envoyer valser, pour que vous le ramassiez, et ainsi de suite). Le repas doit être bref et efficace, pour que bébé ne s’ennuie pas et ne refuse pas de manger par désir de quitter la table rapidement.

Et lorsqu’il sait bien comment faire, mais n’est plus trop d’accord…

Faites tout en plus petit : les enfants aiment souvent les aliments en mini portions. Des dés de fromages, des rondelles de tomate, des petits bouts de jambon, des mini-carrés de viande, un croque monsieur coupé en six, les mini quiches, etc etc, histoire qu’ils puissent picorer comme bon leur semble. Pensez à piquer les aliments telles des mini brochettes, le succès est garanti. Histoire de continuer dans le « tout en plus petit », vous pouvez proposer à vos enfants de s’installer sur la table basse de temps en temps, qui est plus à leur taille (vous devrez vous aussi vous y coller !), et les faire manger dans des assiettes à dessert, plus adaptées à leurs petites portions.

Faites appel à votre côté artiste : décorez les assiettes de vos enfants. Par exemple, sur un rondelle de tomates, vous pouvez dessiner une tête avec de la mayonnaise, avec des aliments, vous pouvez créer un bonhomme, etc etc. Tournez vous vers les moules originaux : en forme d’animaux, de bonhommes, d’objets, etc. Souvent utilisés pour confectionner des petits gâteaux, on oublie que ces mêmes moules peuvent servir à découper des sortes de cake salés (avec des légumes !), de la polenta, etc. Amusés par les formes, les enfants mangeront plus facilement « regarde maman, il a plus de tête ! ».

Vous pouvez même jouer avec votre enfant : il choisit un animal, ou un objet, et à vous de le confectionner avec la nourriture dans son assiette, avec son aide, et autorisation de picorer les aliments en même temps… Si le résultat est concluant, il faudra tout manger, d’abord le nez, puis la bouche, etc etc. Et puis si « elle a une drôle de tête ta grenouille maman », c’est tout simplement une grenouille extra-terrestre. Jouez à la baguette magique, sortez une cuiller en bois (les enfants ont beaucoup d’imagination, n’en doutez jamais) d’un tiroir et jouez à Abracadabra, quel aliment est là ? Le but du jeu étant de trouver quel aliment se cache dans son assiette et hop, de vite le manger…

Transformez le repas en jeu, pour que votre enfant apprécie ce moment.

Fixez des limites à atteindre : par exemple, « tu manges six bouchées et tu peux passer au dessert ». De un, vous demandez à votre enfant de vous prouver qu’il sait bien compter, ainsi manger représente un challenge, et le motive. De deux, vous l’obligez à manger, de façon détournée, et en lui laissant tout de même le sentiment qu’il a réussi à ne pas tout manger. Vous êtes tous les deux gagnants. Au fur et à mesure du temps, vous pouvez augmenter les bouchées, jusqu’à ce qu’il apprenne à aimer les aliments par lui-même !

Soyez inventifs : Vos enfants aiment la viande mais pas les légumes ? Qu’à cela ne tienne, faites leur des viandes farcies, les goûts se marieront et vos enfants apprécieront. Pour le poisson, prenez-le d’abord pané puisque les enfants adorent ça, puis réduisez progressivement la quantité de chapelure… Lorsque vous leur servez une tarte de couleur rouge (à la tomate), appelez ça une « pizza », vous verrez que vous aurez tout de suite plus de succès ! N’hésitez pas non plus à rappeler à vos enfants que les chips et les frites, à la base, se sont des pommes de terre…

Associez votre enfant à la préparation du repas : Si possible, emmenez vos bambins cueillir des fruits, récolter des légumes, etc. Pour les citadines, il peut venir faire les courses chez le maraicher avec vous, et choisir ce qui lui plait, les légumes qu’il trouve jolis ou rigolos. Lors de la préparation du repas, laissez le vous aider, tourner pour égoutter la salade, verser du mais, remuer, mélanger, goûter et vous dire si c’est bon, etc. Si il sait à l’avance ce qu’il y a dans le plat et quel goût il a, il aura plus envie d’en manger, et de se vanter auprès de la famille d’avoir aidé à la préparation ! Impossible de dire de quelque chose qu’on a soi même cuisiné « berk, c’est mauvais ».

Et une fois grand…

Forcer ses enfants à manger, on le voit, ne sert souvent à rien, sinon à se disputer. En revanche, prendre les repas à table, en famille, c’est primordial. L’enfant verra son papa, sa maman, et le fait de les voir manger le motivera à faire de même –encore plus s’il s’agit de ses frères et sœurs ! Prendre un repas en famille (même si ce n’est pas toujours possible), est toujours plus stimulant. Ne les laissez pas manger tout seul ou sortir de table dès qu’ils le veulent (sinon c’est trop simple, ils préfèreraient tout de suite aller jouer !)

Pour faire manger de tout à vos enfants et ados, n’hésitez pas à faire preuve d’imagination et à dissimuler quelques aliments (des légumes, comme par hasard…)

Ainsi, l’option croque-monsieur ou sandwich est à retenir pour faire manger jambon et fromage à des enfants hésitants. De plus, dans un sandwich, on met ce qu’on veut, mêmes des légumes ! Tournez vous aussi vers les pains pour hamburgers, et notez bien que « à mac do aussi, il y a de la salade dedans ! »

Tout de même, soyez lucide : Lorsque le menu du soir prévoit tripoux et cervelle, il y a de fortes chances que votre enfant déteste ça. Il y a des plats que, enfant, ado, ou même adulte, on ne pourra pas vous forcer à manger ! Si vous savez pertinemment que votre fils ou votre fille refusera de manger ce repas là, ne le forcez pas, préparez un accompagnement que vous êtes sure qu’il aimera : des frites, de la purée, des pâtes, selon ce qu’il mange habituellement. Il pourra donc se régaler avec son plat adoré, tout en picorant dans la nouveauté (qui sait, il aimera peut être !), sans se plaindre tout le repas qu’il « n’aime pas ».

Rappelez vous surtout que le repas doit être un moment privilégié en famille : tous ensemble à table, et pas chacun éparpillé à l’heure qu’il veut. De plus, l’humeur générale influe réellement sur l’appétit des enfants, si ils sentent leurs parents tendus, si ils se font gronder, ils auront beaucoup plus de mal à être sereins et à manger ce qu’on leur donne !

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